Que les enfants courent sur le chemin de l’école, c’est normal. Ils se réjouissent d’y aller ou de rentrer chez eux. Ils se réjouissent de retrouver leurs copains ou leur famille et de jouer ou d’apprendre ensemble. Moi aussi, je courais sur le chemin de l’école, mais je courais de peur. Car mon chemin passait par la guerre, qui est un fait tout à fait banal pour un enfant irakien. J’ai été marqué par la cruauté de cette guerre, mais la littérature m’a donné de la force. Cette force, j’ai cependant dû la trouver, car j’ai passé mon enfance sans livres. Le régime voyait les intellectuels et les personnes cultivées comme une provocation. Les livres étaient un luxe dangereux. Si vous vouliez survivre à la dictature, il ne fallait pas se distinguer de la masse. Dans cet article, j’évoque mon enfance en Irak, le danger présent sur le chemin de l’école et une vie sans livres.
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